jeudi 30 septembre 2010

JEUNER EST UNE PRATIQUE BIBLIQUE


Une grande confusion règne sur le jeûne et beaucoup de tromperies se disent autour. Deux tendances générales existent au sujet du jeûne, d’un côté se trouvent ceux qui ne le pratiquent pas du tout et ne lui accordent aucune importance, de l’autre ceux qui le dénaturent et la font ressembler à une simple grève de la fin. Un enseignement équilibré est pourtant nécessaire sur la question et c’est ce que nous allons essayer de souligner en quelques lignes[1].

Qu’est-ce que le jeûne ?
Dans le contexte chrétien, jeûner signifie s’abstenir de s’alimenter pendant un temps déterminé. Mais le jeûne est plus qu’une simple abstinence ; il est d’abord une attitude d’humilité par laquelle on s’ouvre à Dieu, exprimant notre dépendance totale de lui. Il est donc dans la même logique que la prière qui l’accompagne toujours.
Dans la Bible on peut en ressortir trois types précis: le jeûne sec, qui est l’abstinence d’eau et de nourriture pendant un temps donné (Esther 4:16).  Le deuxième type est le jeûne liquide où le pratiquant s’abstient uniquement de nourriture mais consomme de l’eau. Jésus doit avoir pratiqué ce type (Matth. 4:2). Le troisième type est observable chez Daniel qui s’abstint pendant trois semaines de consommer de la viande et du vin (Dan. 10:3). La pratique ici consiste donc à ne consommer que des fruits et légumes pendant une période donnée. Certains commentateurs ont identifié un quatrième type qui consisterait à se couper des autres nécessités et désirs ordinaires (Dan.6:18 ; 1Cor 7:5).

La nécessité de jeûner
La Bible présente le jeûne comme une expression de la foi. Le fait qu’elle en régule la pratique sans jamais l’interdire signifie qu’elle est un rituel nécessaire pour le croyant. Tout croyant doit se départir de la logique matérialiste qui pousse à croire que l’on vit à cause de nos propres efforts ou de ce que nous possédons. Le jeûne aide dans ce sens à comprendre que l’on ne vit pas de pain seulement (Deut. 8:3) mais parce que Dieu soutient l’être humain (Héb.1:3).
Le jeûne est une réalité pratique dans l’Ancien Testament et les croyants y jeûnent pour plusieurs raisons et occasions comme la confession des péchés (1Sam 7:6), la détresse (Néh 1:4 ; Est.4:3), les voyages (Esd. 8:21-23), la guerre (Jg. 20:26), la repentance (Jon. 3:5), la résolution des problèmes difficiles (Est.4:16), etc. David jeûnait pour les malades (Ps.35:13) et pour demander la délivrance (Ps.109:24).
On trouve aussi la pratique du jeûne dans l’époque intertestamentaire (Tobie 12 :8) et elle est bien présente dans le Nouveau Testament. On voit la prophétesse Anne servir Dieu par des prières et des jeûnes permanents (Luc 2:37). Le ministère des premiers chrétiens était soutenu par des jeûnes ; aussi les trouve-t-on en jeûne pour la mise à part de Paul (Act 13:2-3) et pour le choix des anciens (Act 14:23), tout comme Paul mentionne sa pratique des jeûnes répétés (2 Cor 6:5; 11:27). Jésus lui-même a eu à jeûner (Matth 4:2) et a régulièrement enseigné sur le jeûne. Il a enseigné qu’il y a des temps où le jeûne est nécessaire (Marc 2:20). A l’observation, le jeûne est une pratique biblique et les chrétiens d’aujourd’hui, à la suite de ceux de la Bible,  doivent s’y adonner s’ils souhaitent progresser dans leur spiritualité.

Les dangers du formalisme
Si le jeûne est une pratique biblique, indispensable pour la croissance du chrétien, nous devons toutefois placer un certain bémol et tempérer, voire limiter les exagérations qui gravitent autour de ce noble exercice de la foi et tendent à lui enlever sa signification essentielle.
Dans l’époque biblique déjà, on observe des déviations concernant le jeûne, aussi bien sur la forme que sur le fond. On observe les leaders d’Israël, sur l’instigation de Jézabel, associer le crime avec le jeûne (1Rois 21:9-14) ; type de pratique qui doit avoir persisté et que Dieu dénonce quelques siècles plus tard à travers Esaïe (58:3-4). Ici Dieu condamne la méchanceté que l’on essaye de masquer sous le voile de la pratique religieuse. La correction est encore utile de nos jours :
Voici le jeûne auquel je prends plaisir: Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l'on rompe toute espèce de joug;  Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l'aurore, Et ta guérison germera promptement; Ta justice marchera devant toi, Et la gloire de l'Éternel t'accompagnera. Alors tu appelleras, et l'Éternel répondra; Tu crieras, et il dira: Me voici! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, Les gestes menaçants et les discours injurieux,  Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, Si tu rassasies l'âme indigente, Ta lumière se lèvera sur l'obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi (Esaïe 58 :6-10).
Jésus a lui aussi fait ce type de condamnation. A une époque où le jeûne était devenu un acte méritoire et ostentatoire (Matth 6:16 ; cf. Luc 18:12), Jésus a recommandé une pratique discrète du jeûne (Matth.6:17-18). Nous devons combattre le même formalisme de nos jours. En réalité, le jeûne qui est premièrement un exercice de l’humilité ne doit en aucun cas servir à attirer l’attention des hommes sur soi ; auquel cas il ne sert plus la cause de son existence.
Ceci nous permet de critiquer même l’hyper-pouvoir que les hommes accordent aujourd’hui à la pratique du jeûne. Dans notre société où la souffrance est grande, la tentation est souvent grande de trouver dans les pratiques religieuses le bâton magique ou le remède miracle à nos maux. La tromperie ici est très subtile : souvent, ne voyant aucun mal à ce qui est religieux et ne se doutant pas que le rituel religieux peut aussi devenir notre idole,  on transfère sur lui la confiance que l’on devrait avoir en Dieu seulement.
Certains emploient ainsi le jeûne comme une grève de la faim, comme s’ils essayaient d’arracher à Dieu ce qu’il ne souhaite pas lâcher ; ils diront à ce propos qu’il y a des problèmes difficiles que l’on ne peut traiter que par le jeûne[2]. Ceci est une déviance témoignant de l’incompréhension de la nature de Dieu et du jeûne.
Nous ne cesserons jamais de dire que le but de la prière et du jeûne n’est pas de changer Dieu ou sa volonté mais de nous changer nous-mêmes pour agir selon sa volonté. La pratique du jeûne ne doit pas devenir la justification par les œuvres. Dieu est amour (1Jean 4:8), bon et miséricordieux (Ex. 34:6); il fait du bien même aux méchants (Matth 5:45) et est au courant des besoins de ses fidèles (Matth 6:32). Le jeûne nous permet simplement de nous approcher davantage de lui et de progresser dans notre relation avec lui.
Conclusion
Le jeûne biblique est un exercice de la foi et l’expression de notre dépendance vis-à-vis de Dieu. Au même titre que la prière avec laquelle il ne se sépare d’ailleurs pas, il nous aide à nous approcher de Dieu. Le chrétien ne devrait pas manquer de le pratiquer de temps en temps. Pendant son exercice, nous sommes invités à user de bienveillance à l’égard de nos semblables. De même on ne devrait pas en faire un simple rituel formaliste pour attirer l’attention sur nous ; pas plus qu’on ne devrait lui conférer la puissance que Dieu seul détient ou essayer d’en faire une baguette magique pour les cas difficiles.


[1] Un exposé plus large sur la question du jeûne se trouve dans E.A.Patrick, 7 jours avec Dieu : l’ancien testament nous enseigne à prier (Yaoundé, Cameroun : Biblical Studies Production, 2009), 18-28.
[2] Ce raisonnement est souvent basé sur Matth.17:21 : « Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne. » Ce texte, absent dans premières leçons des meilleurs manuscrits, commence à apparaître seulement dans les manuscrits du 5ème siècle (², C, D, L, etc.). Il ne peut malheureusement servir de base théologique solide pour la simple raison qu’il apparaît être une insertion tardive, probablement ajoutée par des scribes qui voulaient mettre une emphase doctrinale sur le jeûne. Sa version parallèle en Marc 9:29 n’a par ailleurs pas la mention du jeûne.

dimanche 5 septembre 2010

LA CONFESSION: AU COEUR DE LA RELATION AVEC DIEU

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La confession est un acte essentiel de la vie chrétienne bien qu’elle reste mal considérée et que sa portée soit souvent mal comprise. Un auteur a fort bien réalisé que la « confession est la clé d’une bonne relation avec Dieu »[1] Pour celui qui s’engage dans la vie de prière, la confession est inévitable, d’où la nécessité de bien la connaître.
Qu’est-ce que la confession ? Quelle est son importance ? A quoi sert-elle réellement ? Dans ce bref article, nous allons essayer de répondre à ces questions et relever quelques faits essentiels concernant cette discipline.
La confession est d’abord un outil de communication. A ce titre elle est le signe d’une bonne relation et surtout d’une marque de confiance. On ne peut en effet confesser qu’à celui qui inspire confiance.
La confession est un sujet récurrent dans la Bible et représente de  ce fait une composante importante de la vie du croyant. Dans l’Ancien Testament, le verbe confesser provient principalement du terme hébreu «yadâ». Le texte de la septante (LXX, traduction grecque de l’AT) emploie en général les verbes « exkagoreuô» et «exkomologéomai » à la place de «yadâ». Dans le Nouveau Testament le terme grec pour « confession » est « homologia» dérivant du verbe « homologeô» . Un bref examen des emplois de ces termes nous permet de comprendre la nature réelle de la confession.

Profession de foi et adoration
La confession s’affirme premièrement comme une profession de foi et un acte d’adoration. Dans le Nouveau Testament, le verbe « homologeô » détermine le fait d’affirmer ou de déclarer publiquement une chose. L’enseignement du NT affirme ainsi que : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut. » (Rom. 10:9,10).
Confesser sert donc à faire allégeance au Christ, reconnaître sa Seigneurie, lui témoigner sa foi, sa fidélité et s’abandonner à lui. Déclarer publiquement sa foi au Christ est un acte qui demande courage et détermination. Du temps de Jésus, et quelques fois aujourd’hui, affirmer son allégeance au Christ n’était pas sans risque. Les juifs, par exemple, menaçaient que « si quelqu’un confessait Jésus comme le Christ, il serait exclu de la synagogue » (Jean 9:22, traduction libre). Suivre le Christ et le professer étaient des actes cruciaux.
Aussi comprend-on le type d’engagement que Jésus demande quand il dit :
Quiconque se déclarera publiquement pour moi, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est dans les cieux; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée. Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l'homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi (Matt. 10 : 32-38).

Retracer une telle notion de profession de foi dans l’AT nous fait découvrir un aspect intéressant de cette discipline. En effet, confesser y a pour synonyme « louer,» « rendre des hommages,» ou « remercier.[2]» Aussi lit-on la confession de Léa à l’occasion de son quatrième enfantement : « Cette fois, je louerai l’Eternel» (Gen 29 :35)[3]. Confesser Dieu équivaut donc à le louer ou lui rendre hommage.

Confession des péchés
La confession des péchés est l’aspect le plus connu de la discipline de la confession. C’est un élément important de la croissance spirituelle : «Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les confesse et les délaisse obtient miséricorde » (Proverbes 28 : 13). Ellen G. White dit :
Ceux qui ne se sont pas humiliés devant Dieu, reconnaissant leur péché n’ont pas encore rempli la première condition de la réconciliation. Si nous n’avons pas  éprouvé cette tristesse dont on ne se repent jamais, si nous n’avons pas confessé nos péchés d’un cœur contrit et rempli d’horreur à la pensée de nos iniquités, nous n’avons jamais véritablement cherché le pardon. Et si nous ne l’avons jamais fait, nous ne pouvons pas avoir trouvé la paix de Dieu[4]

La confession des péchés permet de trouver la paix ; elle sert à réconcilier deux amis en brouille. La Bible présente la confession des péchés comme prenant plusieurs directions. Elle se dirige d’abord vers Dieu (Ezr 9:5-15; Neh 1:6-7; Ps. 32 :5-6 ; 51 ; Dan. 9:3-12; etc.). Tout acte malveillant, tout péché doit naturellement être confessé à Dieu et il y a des péchés qui doivent exclusivement lui être confessés. La Bible présente aussi l’exemple de confession à un conseiller spirituel (2 Sam 12:13). Cet aspect est très sensible, ayant donné lieu à la dérive de confession auriculaire[5] que l’on constate dans certains cercles religieux.
La confession doit aussi être faite à son prochain quand une faute est commise contre ce dernier (Matt. 18 :15 ; Jac. 5 :16). La démarche de réconciliation entre « frères » exige une culture de vérité et de sincérité par laquelle les péchés sont confessés à nos semblables quand nous les avons blessés. Selon la règle « péché secret traitement secret, et péché public traitement public, » les péchés peuvent aussi être confessés  au corps entier des croyants (1 Cor. 5 :3, ss ; 2Cor. 2 :6) quand la faute est publique.

Au-delà du mouvement transférentiel
La confession des péchés et la profession de notre foi en Jésus ont un trait commun : c’est celui de déclarer que Jésus est le Sauveur dont nous avons besoin. Il est le Messie qui délivre des péchés et offre le salut éternel. Par la confession des péchés nous admettons nos limites et notre incapacité à nous départir de nos iniquités et par la profession de foi, nous reconnaissons que Dieu seul peut nous libérer de ces péchés, ce qui conduit à sa célébration.
Le Christ est donc au centre de la confession. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1Jean 1 : 9, LSG). Cette œuvre de purification qui répond à la confession est garantie par l’événement crucial qu’est la croix.
Cet aspect christocentrique est important en ce qu’il différencie la confession d’un simple exercice de défoulement. Nous ne confessons pas seulement nos péchés pour libérer et soulager notre conscience :
Sans la croix la discipline de la confession ne serait qu’une thérapie psychologique. Mais c’est tellement plus. Elle implique un changement objectif dans notre relation avec Dieu et un changement subjectif en nous. C’est un moyen de guérir et de transformer de l’esprit intérieur.[6]

La confession a ainsi une importance et une fonction plus profondes encore. Elle ne conduit pas seulement à Christ, elle permet aussi de procéder au transfert des natures et de se régénérer spirituellement.
Dans le sanctuaire lévite qui préfigurait le sanctuaire céleste, la confession jouait un rôle important dans les sacrifices pour le pardon des offenses et l’expiation des péchés. Le pécheur, au cours du rituel, posait les mains sur la tête de l’animal à sacrifier et confessait les péchés. Par cet acte transférait les péchés sur la bête (cf. Lév. 1:2-4, 3.1ss, etc.).
De même que les péchés du peuple de Dieu étaient transférés par la foi sur l’animal sacrifié et transférés symboliquement sur le sanctuaire  terrestre, ainsi sous la nouvelle alliance le pécheur repentant confesse ses péchés, ceux-ci étant transférés sur le Christ par la foi[7]
Nous sommes ici en plein cœur du processus de la régénération, du changement de nature. Il n’y a pas seulement transfert, il y a aussi transaction. Par cette transaction, le pécheur abandonne sa nature et adopte ou revêt celle du Christ. La confession est donc au cœur de la nouvelle naissance, de la régénération quotidienne et de la croissance en Christ.



[1] Calvin Miller, Into The Depths of God, (Minneapolis, Minnesota, Bethany House, x ), p. 29.  
[2] Voir “yaÆdaÆh R. Laird Harris, Gleason L. Archer Jr. and Bruce K. Waltke, The Theological Wordbook of the Old Testament (Illinois, Chicago: Moody Press, 1980).
[3] Cf. 2 Samuel 22:50; 1 Rois 8:33; 1 Chron. 16:4, 7-8, 34-35; 23: 27; Esd. 3:11; Neh 11:17; Ps 7:17 ; etc.
[4] Ellen G. White, Vers Jésus, p.38
[5] Confession privée à un religieux
[6] Richard Foster, Eloge de la Discipline, (Deerfield, USA: Vida, 1993), p.229.
[7] James A. Cress, ed., Seventh-day Adventist Believe: An Exposition of the Fundamental Beliefs of the Seventh-day Adventist Church, 2nd ed. (Silver Spring, MD: Ministerial Association General Conference of Seventh-day Adventists 2005), p.355.

samedi 14 août 2010

L’EFFICACITE DE LA PRIERE



L’une des grandes frustrations que l’on souffre sur le domaine de la prière est de se rendre compte que l’on a formulé une requête qui n’a pas concrètement trouvé de réponse. Alors vient souvent le découragement et surtout la question de savoir si la prière est réellement efficace. Est-ce que la prière marche ? Quels sont vraiment les effets de la prière ?
Nous allons essayer de répondre à ces questions à partir de quelques exemples bibliques, même comme il aurait suffi de rappeler qu’au moins une fois chacun a déjà vu sa prière se réaliser. Eh oui, même nos expériences personnelles témoignent de l’efficacité de la prière.
Dieu témoigne de l’intérêt à ses enfants
Comprendre l’efficacité exige comme présupposé de comprendre la relation de Dieu avec les humains. L’image que Dieu projette de lui-même et qu’il souhaite que nous gardions à l’esprit est celle d’un Père aimant et pourvoyeur. C’est le sens de ce que Jésus a enseigné quand il invitait ses auditeurs à présenter leurs requêtes à Dieu :
Demandez, et l'on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe. Lequel de vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. (Matt 7 :7-11)
La leçon semble claire que non seulement Dieu est notre Père, mais mieux encore, il est un Père qui ne faillira et ne décevra jamais ses enfants. Une auteure bien connue a bien compris l’intérêt que Dieu porte à ses enfants et écrit ce qui suit pour encourager les hommes à prier:
Celui qui compte les cheveux de votre tête n’est pas indifférent aux besoins de ses enfants. « Le Seigneur est plein de miséricorde et de compassion » Son cœur est touché de nos douleurs, et du récit même que nous lui en faisons. Apportez-lui tous vos sujets de préoccupation. Rien n’est trop lourd pour celui qui soutient les mondes et dirige l’univers. Rien de ce qui touche à notre paix ne lui est indifférent. Il n’est dans notre vie chrétienne de chapitre trop sombre pour qu’il en prenne connaissance, ni de problème si troublant qu’il n’en trouve la solution. Nulle calamité ne fond sur le moindre de ses enfants, nulle angoisse ne torture son âme, nulle joie ne le ranime, nulle prière sincère ne monte de ses lèvres, qui échappe à l’attention de notre Père céleste, et à laquelle il ne prenne un intérêt immédiat. (E.G. White, Vers Jésus, p.100).
Notre devoir, face à de telles assurances, reste de savoir compter sur les promesses de Dieu et exercer notre foi. Cet exercice de la foi nous fera observer au quotidien comment notre prière change notre vie et notre façon de percevoir les choses.

La prière peut changer le cours des événements
Rendons-nous à l’évidence, la prière peut changer le cours des événements. De nombreuses personnes croient que les choses sont figées, déjà écrites et que rien ne peut changer le cours des choses. Certains même qui se réclament être des croyants pensent que Dieu a une volonté pour chacun qui ne déviera pas d’un centimètre de sa trajectoire. Aussi prient-ils et agissent-ils en victimes résignées à n’accepter que ce sort qui leur paraît imposé.
Plusieurs récits de la Bible montrent cependant que la prière a changé le cours des choses que l’on pensait inchangeables. Un exemple suffira à illustrer ce point. Le récit biblique nous informe que le roi Ezéchias tomba gravement malade et le prophète Esaïe vint lui apporta le message porteur de plus de désespoir : « Ainsi parle l'Éternel: Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir, et tu ne vivras plus » (Esaïe 38 :1). A la lecture de ce message il semble que la question était scellée et tout ce qu’il restait au roi à faire était de faire son testament et attendre une mort déclarée à l’avance. Quelle fut la réaction du roi Ezéchias ?
« Ezéchias tourna son visage contre le mur, et fit cette prière à l'Éternel: O Éternel ! Souviens-toi que j'ai marché devant ta face avec fidélité et intégrité de cœur, et que j'ai fait ce qui est bien à tes yeux ! Et Ezéchias répandit d'abondantes larmes » (vv. 2-3). Chose surprenante, au lieu que le décret divin n’aggrave la santé du roi ou ne le précipite par une crise cardiaque, le roi eut le courage et la force de se tourner vers Dieu par la prière. Sa seule réponse fut la prière et celle-ci changea le cours des événements.
En effet, en réponse à la foi d’Ezéchias, Dieu avait changé les événements :
Puis la parole de l'Éternel fut adressée à Esaïe, en ces mots: Va, et dis à Ezéchias: Ainsi parle l'Éternel, le Dieu de David, ton père: J'ai entendu ta prière, j'ai vu tes larmes. Voici, j'ajouterai à tes jours quinze années.  Je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi d'Assyrie; je protégerai cette ville. Et voici, de la part de l'Éternel, le signe auquel tu connaîtras que l'Éternel accomplira la parole qu'il a prononcée. Je ferai reculer de dix degrés en arrière avec le soleil l'ombre des degrés qui est descendue sur les degrés d'Achaz. Et le soleil recula de dix degrés sur les degrés où il était descendu. (Esaïe 38:4-8)

La prière de la foi peut changer les choses, les événements, les états et toutes les situations où nous semblons ne percevoir que ténèbres et douleurs. Plus que jamais nous devons savoir que « La prière est, dans la main de la foi, la clé qui ouvre les trésors du ciel où sont renfermées les ressources infinies de la toute-puissance. » (ibid, p.95.)
La prière peut renforcer la foi
Très souvent il arrive que nous ne voyions pas l’effet immédiat de nos prières malgré notre foi et toutes les démarches nécessaires pour une bonne prière 
Il nous reste alors de comprendre que même dans ce cas la prière est efficace en ce qu’elle renforce notre fois. Il y a plusieurs choses à dire sur ce point. Premièrement, on gagnerait à savoir que la fonction première de la prière n’est pas de servir comme la baguette magique que l’on n’actionnerait que pour réaliser nos besoins ou nos désirs.
La prière sert à communiquer avec Dieu, et cela reste sa fonction première ! Il se trouve que nous sommes davantage connectés à Dieu quand nous communiquons plus avec lui et nous sommes spirituellement fortifiés dans cette relation. La présence et l’amour de Dieu à nos côtés dans ces circonstances deviennent alors notre force.
C’est ce que l’on peut tirer de la réponse que Dieu donne à Paul qui le supplie trois fois de lui ôter sa maladie. Dieu lui dit : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. » Et Paul de dire son contentement : « Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C'est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c'est alors que je suis fort » (2 Corinthiens 12:9-10).
La deuxième chose à dire ici est que nous devons toujours garder à l’esprit que des batailles invisibles se livrent dans l’arène voilée à notre sujet. L’exemple de Daniel qui pria et resta trois semaines sans voir de réponse à sa prière est éloquent à ce sujet. Quand l’explication lui parvint, Daniel apprit que depuis le moment où sa prière fur élevée au ciel Dieu avait dépêché un émissaire qui passa trois semaines dans un combat difficile qui retarda l’exécution de sa prière (Daniel 10 : 1-13).
Nous ne sommes pas toujours au courant des batailles rudes qui se font à notre sujet. Nous devons même savoir que parfois quand un malheur arrive, sa gravité aurait pu être pire si l’on supprimait l’intervention de Dieu. Satan aurait bien fait périr Job si Dieu ne lui avait pas fixé une  barrière (Job 2 :6) ; les conditions du monde seraient bien pires si les anges de Dieu ne retenaient les quatre vents dévastateurs (Apocalypse 7 :1).
Notre prière marche, elle est efficace chaque fois que nous la faisons, même si nous n’en percevons pas les résultats. Le savoir nous rend plus assurés, plus confiants dans la grâce, l’amour et la bonté de notre Père.

lundi 2 août 2010

THE DANGER OF AN UNPREPARED HORSE; THE FOLLY OF TRUSTING A PREPARED HORSE.

Our life in this planet is a daily struggle to survive. Day after day, life is becoming more difficult. There are people suffering of extreme poverty, lacking of food, of lodging. There are countries suffering of wars, social conflicts or violence. There are people fighting for their social achievement and adaptation. But above all these battles, there is the spiritual one; in fact all the battles according to the Bible find their origin in the spiritual one. James 4: 1 “What is the source of quarrels and conflicts among you? Is not the source your pleasures that wage war in your members?” It is clear that to solve most of the problems in our planet we should start by solving the spiritual one.
Many will wonder why we talk of horses when we evoke the challenges of life. The fact is simple; the study horses in the Bible can help us grasp the meaning of our battles and lead us to the true way of becoming overcomers.

Horses and their usefulness
The story of horses in the Bible is not so much different with what we know in secular history. Before they become domesticated, horses were wild animals in prehistory. With the process of domestication, they were used to carry loads or in agriculture. With the progress of industry, people started to use bits to guide horses and control their speed; the saddles and the stirrups made the seat easier and iron was used as horseshoe.
Thus equipped, to have a horse became a determining advantage in the battle field. The horse was no more an occasional means for transport or agriculture but an instrument for the conquest of power. Then, the idea of horses was soon associated with that of war. We see Egypt, for example, overruling all the battles in the Middle-East for many centuries because of their horses.
The Hebrews also associated horses with war. During the deliverance of Israel, it is mentioned that Pharaoh had “horses”, “chariots and his horsemen” (Exodus 14:9, 15.19). Their Canaanite enemies met them with many horses and chariots, but they still fell before the Israelites (Josh. 11:4–9). Since horses are associated with battles, our purpose is to analyze some principles outlined by God concerning the use of horses.
The danger of an unprepared horse
There are interesting Bible verses about horses in the Bible but the leading one in our actual reflection is Proverb 21:31. “The horse is prepared for the day of battle, but victory belongs to the LORD.”
Every battle necessitates a preparation and a planning. Try to imagine yourself in a battle zone, on a non prepared horse: no equipment, no bits and stirrups, no training etc. Despite your own strength and your ability to fight, that horse will be a serious disadvantage.
The same is true in our daily struggles. If we want to be victorious in our personal battles we should prepare ourselves. Preparing means we must start by planning. But how can we plan without a clear vision of what we expect? The Bible says “Where there is no vision, the people perish” (Prov. 29:18). Most of the failures in our life come from the fact that we don’t have a clear vision of what we expect in our life. Thomas Watson, the assistant of Bell A. Graham, who invented the telephone, said “To start thinking, start with the goal and work back. Picture what you want, define the purpose, the need, the goal—the objective that is desired.”
Jesus said: "Suppose one of you wants to build a tower. Will he not first sit down and estimate the cost to see if he has enough money to complete it? For if he lays the foundation and is not able to finish it, everyone who sees it will ridicule him, saying, 'This fellow began to build and was not able to finish.'” (Luke 14:28-30).
A call to plan is also a call to work. There are three categories of people: people who work all the time without planning; people who plan all the time without working and the blessed category of people who plan and work. We have many references calling to labour and warning against laziness in the Bible:
Proverbs 20:4 “The lazy person does not plow in season; harvest comes, and there is nothing to be found.”
Ecclesiastes 10:18 “Because of laziness the roof caves in, and because of idle hands the house leaks” ;  Proverbs 10:4 “Lazy hands make a man poor, but diligent hands bring wealth.”
And the wise man says: “Go to the ant, you sluggard; consider its ways and be wise! It has no commander, no overseer or ruler, yet it stores its provisions in summer and gathers its food at harvest. How long will you lie there, you sluggard? When will you get up from your sleep?  A little sleep, a little slumber, a little folding of the hands to rest—“ (Prov. 6:6-9).
The Greek fabulist Aesop wrote about laziness. He said: The Ants were spending a fine winter’s day drying grain collected in the summertime. A grasshopper, perishing with famine, passed by and earnestly begged for a little food. The Ants inquired of him, “Why did you not treasure up food during the summer?’ He replied, “I had not leisure enough. I passed the days in singing.” They then said in derision: “If you were foolish enough to sing all the summer, you must dance supperless to bed in the winter.”
To sum this idea we can say there will never be any success without hard work, well planned and well prepared activity. Statistics prove that most people in our country work less than 10 hours a day. Unfortunately, there is no possibility of change and development, whatever the area, without hard work.
Now we should be cautious about overemphasizing hard work. Hard work alone, even well planned, will never solve all our problems. There is a need of supernatural power to solve supernatural problems. This reminds us the words of Francis Cardinal Spellman who said: “pray as if everything depended on God and work as if everything depended upon man.”
The folly of trusting a prepared horse
The text of Proverb 21:31 is a strong indication to the balance we should reach in matter of work and trust to God. Though this verse admits that the horse is prepared for the day of battle, it leaves no room of doubt that only God gives the victory. This verse is similar to many others in the Old Testament.
In fact the primary force of Hebrews in war was the power of Yahweh, not the power of their army. Early in their history, the Israelites did not have horses and chariots and without divine aid they were at a disadvantage in meeting their enemies (Jos 17:16; Jgs 4:3; 1 Sam 13:5; 2 Sam 8:4). Yet, repeatedly God warned the Hebrews not to place their faith in the strength and speed of horses (Ps. 20:7) or to “multiply” horses (Deut. 17:16) and they were refrained from introducing horses and chariots into their armed forces (cf. Deut 17:16).
Psalm 33:17 “A horse is a false hope for victory; Nor does it deliver anyone by its great strength.” ; Psalm 20:7 Some trust in chariots and some in horses, but we trust in the name of the LORD our God.
In spite of these warnings, David and Solomon did multiply horses, even importing them from other countries. Solomon had a sizeable cavalry as well as horses to draw war chariots. To come up with the saying that the victory comes only from the Lord he certainly had realized, after his experience of accumulation, that the security of his kingdom depended not upon his horses but on God.
Ultimate success comes from the LORD and not from human efforts. Faithful people have acknowledged this down through the ages, even though they have been responsible and have prepared for the wars. Without this belief there would have been no prayer before the battle.
The White Horseman of the End of Time.
The main lesson of our reflection is that we should not trust in human efforts, skills and abilities, nor should we trust more in human strategies or technologies than we trust in God.
But we cannot finish our study without talking about the “Four Horsemen of the Apocalypse,” who ride out to ravage the earth in the end times (Rev. 6:1–8).  This reference makes us realize that the issue of horses is full of meaning and it reminds us that year after year we are coming close to the end of this world.
Revelation 19:11-14: And I saw heaven opened; and behold, a white horse, and He who sat upon it is called Faithful and True; and in righteousness He judges and wages war. 12 And His eyes are a flame of fire, and upon His head are many diadems; and He has a name written upon Him which no one knows except Himself. 13 And He is clothed with a robe dipped in blood; and His name is called The Word of God. 14 And the armies which are in heaven, clothed in fine linen, white and clean, were following Him on white horses.

This is a symbolic description of Jesus Christ, with his faithful followers, represented here by an army of people riding white horses. He leads them to the final victory over the evil forces of this world at his second coming.
As we go through our daily battles, we should be aware that God can help us to overcome all the challenges of this world; we should commit our lives to him by faith and he will save us. But we must know that above all the battles of this world, there is the ultimate battle for eternal life, and Jesus is also willing to lead us into victory for that battle.
The big question is now yours: do you decide to trust God and face all the battles with him? This is the due time to renew your commitment with Jesus Christ. This is the time to turn to your Creator and Savior. Trust in Him and your life will change.
May God bless you and give you victory and success in your life!

LA RELATION ENTRE LA ZONE D’INTERCESSION ET LA ZONE D’ACTION


Notre appel suprême sur le domaine de la prière est celui de plus d’intercession. L’on dit communément que la perfection de la prière se trouve dans l’intercession. En effet, une vie de prière, même régulière, qui ne soit centrée que sur soi et ses propres intérêts, est bien trop limitée. Elle démontre un certain égoïsme et participe de ce fait des causes de l’ineffectivité de nos prières (Jacques 4:3).

Pourtant, aussi bien par la révélation biblique que par l’expérience, l’on sait que plus un individu s’implique dans la prière en faveur des autres, plus Dieu s’occupe de ses propres besoins. Pour cette semaine, nous apprendrons à partir de l’exemple de la vie de Jésus que même notre activité, notre impact social dépend en grande partie du temps que nous mettons en prière. Il existe une relation très étroite entre l’action et la prière que se trouve résumée dans cette phrase Francis Cardinal Spellman : « Priez comme si tout dépendait de Dieu et travaillez comme si tout dépendait de l’homme. » C’est dire qu’autant nos efforts sont requis l’acquisition de certains résultats, autant nous dépendons de Dieu pour l’effectivité de nos efforts ; dépendance que nous manifestons par la prière.
La lecture de l’activité de Jésus dans Luc 6 nous permet de comprendre cet impératif de concilier l’action et la prière. De cet exemple, nous pouvons apprendre un certain nombre de principes relatifs à la prière en général et à l’intercession en particulier.
Nous lisons qu’«En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu.» (v.12). Juste après cette nuit de prière Jésus choisit les douze disciples (vv.13-16); il guérit (vv. 17-19) et prêcha (vv.20-49). Toute cette activité en une seule journée ! Tirons brièvement quelques leçons de ce récit sur l’activité de Jésus.
La zone de prière doit être plus élevée la zone d’action
La longue section décrivant l’activité de Jésus dans Luc 6 (13-49) est précédée d’une introduction assez simple mais puissante. « Jésus se rendit sur la montagne pour prier » Cela nous enseigne qu’avant d’œuvrer autour de nous, nous devons nous élever. Chacun doit trouver le temps de s’isoler sur la montagne et passer du temps en prière. Le symbole de la montagne ici est important. La montagne se présente comme le lieu de plusieurs réalités dans la Bible. C’est le lieu où les gens trouvent le salut (Gen. 14.10 ; 19.17-19 ; 31.21-23 ; Apoc 14.1). C’est le lieu d’offrandes à Dieu (Gen 22.2, 14 ; 31 ; 31.54) et d’adoration (Ex. 3.12) bien que l’on observe que les hommes y pratiquent l’idolâtrie (1 Rois 18 ; Apoc 17.3-9.).
La montagne se présente comme le lieu de rencontre avec Dieu (Ex.3.1 ; 19 ; 1Rois 19 ; etc.) ; le lieu de réception du message de Dieu (Ex.20 ; Deut 5.22-23) et le lieu de gloire et de sainteté (Ps. 15.1; 24.3; Mt 17.1ss). Dieu apparaît par ailleurs en certains endroits comme le Dieu des montagnes (1Rois 20.28 ; Ps 2.6 ; 3.4 ; 24.3 ; 36.6 ; etc.)
Ainsi, s’élever sur la montagne de la prière, c’est aller à la rencontre de Dieu, se couper des pressions terrestres et s’offrir à Dieu en offrande personnelle (Rom 12.1) et attendre de lui salut et délivrance personnelle. Il s’agit d’élever son esprit et de le concentrer aux choses célestes, spirituelles : « Cherchez les choses d'en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles qui sont sur la terre. » (Col. 3.1-2). L’enseignement du Christ et de la Bible en général est que plus l’esprit s’élève, plus grand est  l’impact sur le matériel et l’environnement autour de soi. Notre premier défi est donc de toujours élever notre esprit vers Dieu.
La zone d’intercession doit précéder la zone d’action
De ce même exemple de Jésus nous apprenons que le lieu de l’intercession doit précéder le moment de l’action. Précéder signifie aussi anticiper. En priant pour ses futurs apôtres et les activités du lendemain, Jésus n’a pas seulement dit son désir de voir les choses aller mieux, il a certainement visualisé la réalisation de sa prière. Le Seigneur a certainement eu à anticiper l’impact des douze sur l’évangélisation du monde. Cet aspect est assez important. Notre prière doit anticiper, elle doit prévoir, planifier ce que nous voulons. Quel impact voulons-nous pour les autres ? Nous devons l’anticiper dans la prière et nous le verrons s’accomplir par la suite (Marc 11.24).
En plus du fait d’anticiper la réalisation de notre intercession, l’exemple de Jésus nous enseigne que le temps d’intercession qui précède l’action peut saturer l’individu de la puissance divine. Il est clair que l’énergie qui se dégageait de Jésus au cours de son action (Luc 6.19) avait été emmagasinée pendant la nuit de prière. Notre action sera de même saturée du pouvoir divin quand nous aurons au préalable passé du temps avec Dieu.
Vers une intercession active
Prendre le temps de prier avant les événements est notre grand appel sur le domaine de l’intercession. Mais c’est bien trop étroit de ne limiter notre action de prière pour les autres que dans la prière. L’exemple de Jésus nous montre que nous devons toujours associer la parole à l’acte. C’est ce que l’on peut appeler l’intercession active : le fait de prolonger notre intercession en faveur des autres par des actes concrets. Voyons comment cela s’est vérifié dans la vie de Jésus à partir du texte que nous étudions.
Intercession active et administration : Administrer c’est faire des choix judicieux. Le choix des douze disciples de Jésus à la suite de sa nuit de prière est un bel exemple pour nous. Beaucoup de personnes ignorent le fait que cette nuit de prière et le choix des apôtres ont été déterminants pour l’évangélisation du monde.
Le Christ ne s’était pas contenté de prier pour les futurs apôtres, il les a aussi choisis. Il n’a pas espéré que les choses se fassent toutes seules, il allié son choix à sa prière. Sans cette intercession active l’on parlerait difficilement de christianisme aujourd’hui. Nous, de même, devons savoir que la vie de nombreuses personnes est tributaire de notre prière et de nos choix, ceci quel que soit nos domaines de compétence et d’activités.
Intercession active et service : Notre divin Modèle nous montre qu’après avoir prié pour le bienêtre des gens, nous devons nous mettre à leur service et leur faire du bien. C’est ainsi qu’il a guéri les malades et chassé les démons (Luc 6.17-19).
A quoi réellement nous servira-t-il de prier pour les affamés quand nous ne serons jamais en mesure de partager notre portion quotidienne avec les premiers affamés que nous connaissons ? Que vaut vraiment notre prière pour les lointains malades quand nous sommes incapables de rendre visite aux souffreteux autour de nous ? Quelle est vraiment l’utilité de notre intercession quand nous fermons les yeux sur la souffrance des misérables et des moins privilégiés que nous et que nous n’avons aucune initiative sociale personnelle ? Notre appel en tant qu’intercesseur est de reconsidérer notre action et de songer à un meilleur impact social de notre prière associée à nos actes.
Intercession active et témoignage : Pendant sa nuit de prière, Jésus avait certainement prié pour ses disciples et les personnes qu’il rencontrerait le lendemain. Il a par la suite soulagé leurs peines quand l’occasion s’est présentée. Mais Le Christ ne s’est pas arrêté là ! Il a jugé utile de leur dire le message de Dieu. Dans ce que l’on peut appeler le « sermon sur le plateau, » il a prêché les béatitudes (vv. 20-22) et des mises en garde (vv. 24-26). Il a prêché l’amour des ennemis (vv. 27-36), la remise en question et une bonne conduite personnelles qui commenceraient par soi-même (vv. 37-45) et la nécessité de se fonder sur le roc en obéissant à la Parole de Dieu (vv. 46-49).
Nous sommes appelés à approfondir notre action d’intercession en témoignant aux autres l’amour et la bonté de Dieu. Ce témoignage doit contenir le message du salut en Jésus et présenter aussi bien la nécessité d’obéir à la Parole de Dieu que les risques que les hommes courent quand ils rejettent le Christ. Notre intercession reste incomplète sans cet aspect.
Conclusion : Notre appel est grand : celui de devenir des intercesseurs actifs. Nous devons pour ce faire songer à nous élever vers Dieu et passer du temps avec lui dans le laboratoire du salut des hommes autour de nous. Notre action selon le modèle de Jésus exige aussi notre implication personnelle dans le bienêtre des individus et cela implique nos choix, nos actes et notre mission d’évangélisation.

jeudi 22 juillet 2010

LA CONTEMPLATION : SE TENIR A LA PORTE DES CIEUX.

Dans le voyage progressif dans le domaine de prière et dans la recherche d’une vision parfaite de Dieu, nous devons nous atteler à vivre avec sa présence. Ceux qui se sont lancés dans cette recherche ou ont fait cette découverte ont été impressionnés par la vision de ce que Dieu est réellement et cela a changé leurs vies.
Considérons Jacob en fuite et esseulé sur son chemin, avec la lumière qui s’enfuit et laisse place à des ténèbres d’insécurité. Il se couche sur tout ce qu’il peut trouver de confortable—des pierres !—et s’endort. C’est dans le sommeil en ce lieu isolé qu’une vision lui est donnée. C’est en ce lieu qu’il découvre des choses jusque-là insoupçonnées. « Voici qu’une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait au ciel ; et les anges de Dieu y montaient et y descendaient. Or l’Eternel se tenait au-dessus d’elle. » (Genèse 28 : 12, 13)

Dans cette vision grandiose, Jacob est impressionné de ce qu’il voit des choses qui jusque-là étaient des réalités lointaines. Il ne profitera pas uniquement de voir, il va aussi entendre les paroles de la bouche même de Dieu : « Je suis l’Eternel » (v.13). Face à l’incertitude qui anime le fugitif, face à la peur immense et à l’angoisse que vit Jacob dans ce coin isolé, Dieu va le bénir et lui faire des promesses très importantes.

La réaction de Jacob est intéressante : « Jacob s’éveilla de son sommeil et dit : certainement, l’Eternel est présent dans cet endroit, et moi, je ne le savais pas ! » (Genèse 28 : 16) Jacob appréhende pour la première fois la grande vérité sur la présence de Dieu. Il ne savait pas, il ne s’attendait pas à ce que ce soit en ce lieu que l’Eternel puisse se trouver. Peut-être avait-il d’autres idées sur les lieux où trouver l’Eternel ? En tout cas, c’est à cet instant qu’il découvre que Dieu est précisément là où il se trouve et cela le bouleverse. « Il eut de la crainte et dit : Que cet endroit est redoutable ! Ce n’est rien de moins que la maison de Dieu, c’est la porte des cieux ! » (v.17).

Par ces déclarations, Jacob veut exprimer sa découverte et une idée profonde. Il veut dire que dans ce lieu se trouve l’entrée du ciel et que l’ouverture vers le ciel y est possible. Jacob veut dire que Dieu habite dans ce lieu. Cela n’est pas seulement une possibilité, c’est une réalité, une certitude, cette ouverture vers le ciel existe. Jacob ne veut pas croire que Dieu a déménagé et que c’est en ce lieu qu’il vient d’aménager. Il vient de comprendre que Dieu est partout, même là où on ne le soupçonne pas.
La découverte de Jacob nous apprend un peu plus quant à la présence de Dieu. En fait, Dieu est là, mais on ne le sait pas, on ne le réalise pas. Cela veut dire que Dieu peut être là sans être perçu. Le fait de l’invisibilité et de l’imperceptibilité ne remet pas en cause la réalité. Le réel peut bien être invisible et exister tout de même. Le problème qui se pose en réalité est celui de la manifestation du réel invisible.
Le moment de la prise de conscience d’une présence et le moment de sa manifestation factuelle sont deux moments distincts qui peuvent être simultanés ou séparés. En d’autres termes, on peut prendre conscience de la présence de Dieu sans voir la manifestation de cette présence par des faits. C’est dire que la personne présente peut ne pas se manifester par des faits et cela n’enlève rien à la réalité de sa présence.

Cela va plus loin encore. Les faits eux-mêmes peuvent être invisibles et être tout aussi réels. Il reste donc à savoir par la foi que ces faits existent et témoignent d’une présence. Pour illustrer ce que nous disons, sachez que, selon le psaume (34 :7), l’ange campe autour de vous à l’instant où vous lisez cette phrase. Le voyez-vous ? Appréhendez-vous les actes qu’il pose pour vous arracher du danger ? Vous ne le voyez certainement pas, pas plus que vous ne voyez ce qu’il est en train de faire. Pourtant vous ne doutez pas une seconde qu’il est là et vous ne croyez tout de même pas qu’il a les bras croisés !
Dieu est là, autour de nous. Si nous le savions toujours, notre vie serait différente. Si nous le concevions toujours, notre prière serait que Dieu nous dirige vers l’éternité en nous retirant de la mauvaise voie.

Ne savez-vous pas que Dieu est présent ? Il est là. Réfléchissez-y une minute. Où se tient-il à l’instant où vous lisez cette phrase ? Que pensez-vous qu’il s’occupe à faire en vous regardant ? Eh bien, Dieu fait des choses, celles-ci peuvent être manifestes comme la vision de l’échelle vint révéler la présence de Dieu à Jacob. Elles peuvent aussi bien être voilées comme la même échelle était auparavant voilée à Jacob et il ne savait pas. Voulez-vous alors réaliser la manifestation de la présence de Dieu ? Il faut apprendre à vous tenir à la porte des cieux.

Si vous voulez voir Dieu, le contempler et l’entendre, rien n’est requis si ce n’est se tenir à la porte des cieux. Là, vous serez transporté dans la maison de Dieu. Vous verrez les anges s’activer au salut de l’humanité. Vous saurez que Dieu est là, vous appréhenderez la manifestation de sa présence.
Le principe en œuvre est analogue au décryptage des ondes radio ou TV. Elles sont là, invisibles, il faut se tenir au bon endroit, avoir un récepteur en bon état et régler celui-ci à la bonne fréquence. Ainsi et seulement ainsi on peut parvenir à capter les ondes présentes. De la même manière, les fréquences de Dieu sont là ; votre récepteur est-il réglé à Le capter ?

C’est pour répondre à cette question que David pria : « Sonde-moi, ô Dieu et connais mon cœur ! Eprouve-moi et connais mes préoccupations ! » (Psaume 139 : 23) Nous-y voilà ! La contemplation du vrai Dieu passe par nos préoccupations. Nos pensées. Si elles sont loin de Dieu, l’inéluctable conséquence est que nous ne serons pas à la fréquence de Dieu. Pour pénétrer la pensée profonde de Dieu, il urge de tourner les nôtres vers Dieu et ceci en commençant par vaincre la superficialité de nos préoccupations.

L’homme moderne vit par une superficialité trop déconcertante. Madame White a raison quand elle dit : « Nous sommes trop terre à terre » (Ellen G White, Vers Jésus, p.102) Il n’y a plus d’attachement profond, de recherche profonde de la connaissance de Dieu. Tout n’est que manifestation des désirs vaniteux, superficiels et éphémères. Or, pour connaître Dieu il faut de la profondeur d’esprit. Nos préoccupations ne doivent pas être de simples élucubrations qui sont la fuite du profond.
Ellen G. White fait une analyse importante : « Satan conduit plusieurs à croire que la prière à Dieu est inutile, juste un formalisme. Il sait bien à quel point la prière et la méditation sont nécessaires pour garder ceux qui suivent Christ en éveil pour résister à ses ruses et à ses tromperies. Les astuces de Satan détourneront l’esprit de ces exercices importants, afin que l’âme ne s’appuie pas sur le Tout-Puissant et recevoir de lui la force pour résister aux attaques » (Ellen G. White, Review and Herald Articles, Devotional Volumes, Book I, p.134)

Il apparaît très important que les chrétiens soient connectés à Dieu par la méditation. « les chrétiens seront connectés avec Dieu et intelligents aux choses de Dieu. La vérité et l’amour de Dieu est leur méditation » (Ibid. p.225) Nous pouvons retracer cette discipline de contemplation à l’origine de l’homme : « l’homme fait à l’image de Dieu pouvait contempler et apprécier les glorieuses œuvres de Dieu dans la nature » (Ibid. p.133)

Pour Ellen G. White «la méditation et la prière nous garderaient de nous précipiter sur la voie du danger et nous serions ainsi sauvés de plusieurs défaites. » (Idem., The Desire of Ages, p.126) Elle réaffirme aussi sur le pouvoir de changement qui réside dans la contemplation de Dieu et dit en chœur avec Paul : « contemplant la beauté de son caractère, nous serons changés en la même image de gloire en gloire » (Ibid. p.83)
Dans cette démarche, nous devons comprendre quel est le point même le plus important, le point essentiel de la méditation : Jésus-Christ. Jésus-Christ est le catalyseur de la vie de foi et de toute vie contemplative et de prière. « Il serait bien pour nous de passer une heure de réflexion par jour dans la contemplation de la vie du Christ. Nous devons le faire point par point, et laisser l’imagination saisir chaque scène, spécialement les dernières. Quand nous nous appuyons ainsi sur son grand sacrifice pour nous, notre confiance en Lui sera plus constante, notre amour sera vivifié, et nous serons plus imprégnés de son esprit » (Ibid. p.83) Comprenons d’autre part que « son sacrifice est le centre de notre espérance. Sur lui nous devons fixer notre foi » (Ibid. p.660)

Comprendre le point focal de la méditation qu’est le Christ, c’est comprendre son facteur dominant qu’est l’amour. Pour arriver à une contemplation progressive et meilleure, il faut être dominé et épris d’amour pour celui qu’on contemple. Il faut être passionné de lui et le désirer ardemment.

La passion pour Dieu est ce désir ardent de sa présence, de son amour qui caractérise tous ceux qui s’approchent de lui. C’est ce désir brûlant semblable à la soif qui affaiblit un corps qui se déshydrate et comme une faim insatiable ; cette passion que seule la présence de Dieu peut apaiser, qui se retrouve dans le chant des fils de Qoré.: « Comme une biche soupire après des courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi, O Dieu ! Mon âme a soif de toi, du Dieu vivant : Quand paraîtrai-je devant la face de Dieu ? » (Psaume 42 : 2,3)

Dans toute pratique quotidienne, il serait utile de consacrer des heures à la contemplation du Christ, à tremper de profonds regards dans les évènements, les faits, les paroles provenant de lui. Que nous plongions les yeux dans le salut à travers le sanctuaire, que nous discernions la main de Dieu dans les évènements du monde ou que nous admirions l’Artiste de la nature, le Saint-Esprit nous guidera à garder les yeux fixés sur Christ et à reconnaître que Dieu est amour. Notre faim et notre soif seront alors étanchés par Dieu.

Souvenons-nous toujours : chaque fois que nous serons transportés dans la recherche de Dieu, nous verrons que Dieu est là prêt à bénir. Dieu vit au milieu de nous, nous avons juste à ouvrir les yeux spirituels et contempler qu’il se tient au sommet de l’échelle et ordonne aux anges d’œuvrer à notre salut et à notre bien suprême. Quand nous nous arrêterons et penserons à la présence de Dieu, sachons que nous sommes à la porte des cieux et que le bonheur est juste à côté de nous. Vivons-le.